Saint-Joseph Geer, tout une histoire...

1884

Joseph Gaillard, curé de Geer, et le chanoine Frédéric Gréban de St-Germain s’associèrent pour créer un hospice.

Mme la vicomtesse Darrigade mit à la disposition des organisateurs un terrain de 25 ares, auquel elle ajouta par la suite un hectare..

16 Juillet 1888

Pose de la première pierre de l'hospice pour personnes âgées Sainte-Marie (actuellement "Foyers Sainte-Marie").

1891

Arrivée des premières sœurs des "Filles de la Croix de Liège".  Elles sont quatre et sont affectées au bon fonctionnement de l'hospice dont les premiers pensionnaires arrivent en décembre.

Janvier 1893

"Alors qu'au dehors la bise gerce les billons et durcit le sol nu et que, dans les soupentes, elle gronde, menaçante, alors qu'en les chaumières on se calfeutre en attisant un poêle qui s'obstine à fumer, alors que le gel ralentit toute vie et suspend les travaux du paysan désespéré; dans l'atmosphère chaude de l'étroite cuisine, les bonnes sœurs s'affairent à la préparation du repas du soir. L'une d'elle, inquiète, suspend un instant son ouvrage et le timide appel faiblement se répète.

Par le juda qu'elle entr'ouvre et que la bise guette, lui rougissant subtilement les joues, elle aperçoit grelottant sous des lambeaux de vestes, trois petits garçons suppliant un asile pour la nuit.

Ils ont froid, on les réchauffe et on sèche leurs larmes; ils ont faim, on les nourrit; ils sont mal vêtus, on les habille chaudement.

Et puis on enquête...

 

Ils sont orphelins, leurs parents sont morts de l'influenza qui règne dans la région. La Hesbaye est très pauvre, déshéritée et peu hospitalière. On héberge donc les enfants. On leur aménage des couchettes dans un coin du dortoir des vieux. Chacun s'accommode et la vie continue un peu bruyante mais pleine d'une nouvelle espérance."

L'orphelinat Saint-Joseph pour garçon est né ainsi que l'orphelinat Saint-Antoine pour filles !

1918

La guerre a laissé des traces et les orphelins affluent. Malgré les vastes locaux, c'est la mort dans l'âme qu'il faut refuser du monde.

Il est de ces limites intolérables qui s'imposent et auxquelles il faut sacrifier en dépit des meilleures volontés.

Au niveau primaire, on partage les élèves en cinq classes et l'on conserve une classe au niveau gardien.

1919

A la rentrée scolaire, on recense 262 enfants.

Le personnel en place est bien insuffisant mais toutes les démarches entreprises pour obtenir une aide complémentaire n'aboutissent pas. Tant pis il y aura donc 44 élèves par classe !

 

Quant à l'hospice, on y dénombre 60 lits et la clinique chirurgicale est maintenue avec 4 lits.

1898

Les enfants hébergés sont parfois très jeunes et il devient nécessaire de créer une école gardienne.  C'est la première dans la région et elle est généreusement ouverte aux enfants du village

1914

Les quatre années de cette première guerre mondiale vont être une épreuve dure à supporter pour le personnel et les enfants.

Ce sont d'abord 200 soldats belges blessés dans les forts de Liège qui y sont soignés. Ensuite, les Allemands vont occuper les locaux de l'orphelinat et y établir un hôpital.

La Croix-Rouge s'y installe également et l'on y voit défiler des blessés belges, allemands, anglais et russes.

C'est un épisode qui suscite souvent l'héroïsme de la part des religieuses y vivant à l'époque et qu'il convient de souligner, d'autant plus que résistants et occupants s'y sont parfois côtoyés!

 

L'entre-deux-guerres

Cette situation semble se stabiliser pendant de longues années; il faut bien panser les plaies, payer les dettes.

Toutefois, la clinique est supprimée et l'on réunit les deux orphelinats en un seul dénommé "L’orphelinat Saint-Joseph" à front de la rue de Waremme, au centre du village.

C'est là que garçons et fillettes vont s'épanouir physiquement et intellectuellement grâce au dévouement vigilant des bonnes sœurs.

Dès l'écolage primaire terminé, les filles sont employées aux différents services de l’œuvre (cuisine, buanderie, couture, et dans quelques entreprises des alentours.

Les garçons sont occupés aux cultures qui prennent de l'essor dans la région. La main-d’œuvre y est très prisée, la mécanisation n'étant encore qu'à ses premiers balbutiements.

Mais la société évolue avec le développement des techniques en cette période qui suit la deuxième guerre mondiale.

On range les faux et les fourches et des engins sophistiqués sillonnent les grandes cultures hesbignonnes.

On délaisse les manœuvres et les "garçons de fermes"

Les jeunes sans qualification trouvent de p]us en plus difficilement un emploi.

Les écoles techniques et professionnelles fleurissent un peu partout.

 

Geer sera du nombre !

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